7630 mis en cause pour blanchiment en France en 2025, en hausse de 23%

Dans le cadre des travaux du Conseil d'orientation de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (COLB) et conformément aux recommandations du GAFI, le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a publié le 7 octobre dernier un bilan chiffré portant sur les personnes mises en cause pour faits de blanchiment et de financement tu terrorisme en 2025. La note est accompagnée d’un historique des données depuis 2021.

En 2025, les services de police et de gendarmerie ont entendu plus de 7600 personnes pour des faits de blanchiment, contre environ 6200 l’année précédente, soit une hausse de 23% sur un an et de 46% depuis 2021. Environ 20% de ces mis en cause l’ont été pour blanchiment aggravé : un chiffre stable dans l’absolu (de l’ordre de 1400 mis en cause par an depuis plusieurs années), mais qui recule dans la part que cette infraction représente par rapport à l’ensemble des mis en cause.

Le trafic de stupéfiants reste de loin la première infraction donnant lieu à une mise en cause pour blanchiment : avec plus de 3000 mis en cause, elle représente près de 40 % du total, contre 37% l’an dernier et 30% en 2021. Viennent ensuite deux infractions de poids comparable : le blanchiment lié à des faits de vol et escroquerie (1541 mis en cause, 20% du total, stable), et le blanchiment lié aux faits de fraudes fiscales, sociales et douanières (1513 mis en cause, 20% également, stable aussi).

Les autres infractions sont plus marginales, et incluent des faits de proxénétisme, trafic de migrants et traite des êtres humains (289 mis en cause), atteintes à la probité (107 en hausse notable depuis plusieurs années), non-justification de ressources (63).

Plus de la moitié des mis en cause (3996) relèvent du blanchiment dit « autonome », sans infraction d’origine rattachée dans la procédure. Une même personne peut être comptée dans plusieurs contextes, si bien que ces catégories ne s’additionnent pas.

27 personnes ont été mises en cause en 2025 pour financement du terrorisme. C’est davantage que l’an dernier (20) mais moints qu’en 2023 (38).

Mis en cause pour infraction de blanchiment de capitaux en 2025, infographie SSMSI

Ces chiffres restent susceptibles d’être révisés, le groupe de travail statistique du COLB poursuivant ses travaux. À l’été 2026, les champs du blanchiment et du financement du terrorisme ont été harmonisés avec ceux du service statistique du ministère de la Justice (SSER). Toute la série 2021-2024 a été recalculée en conséquence. Les chiffres publiés l’an dernier (près de 6300 mis en cause pour blanchiment et 31 pour financement du terrorisme en 2024) ne sont donc plus directement comparables.

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