Monaco et la Bulgarie retirés de la liste GAFI

Le Groupe d’action financière a tenu à Paris du 28 au 30 octobre dernier sa première réunion plénière sous la présidence britannique de Giles Thomson.

Principal enseignement attendu de chaque plénière, la liste des juridictions sous surveillance renforcée n’a cette fois évolué que dans un sens : Monaco, la Bulgarie, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo en sont retirées, après des visites sur site jugées concluantes, le GAFI saluant l’achèvement de leurs plans d’action respectifs dans les délais impartis. Aucune juridiction n’y fait son entrée : la liste grise passe ainsi de 22 à 18 pays.

Inscrite en juin 2024, la Principauté de Monaco quitte la liste après avoir notamment renforcé sa compréhension des risques de blanchiment de la fraude fiscale commise à l’étranger, accru ses demandes de saisie d’avoirs criminels hors de ses frontières et achevé le renforcement des moyens de sa cellule de renseignement financier. Monaco figure par ailleurs depuis 2025 sur la liste européenne des pays tiers à haut risque, qui s’appuie largement sur les travaux du GAFI. Sa sortie de la liste grise va certainement conduire la Commission européenne à réexaminer sa situation.

Le GAFI adresse en revanche des avertissements à plusieurs pays toujours listés : le Groupe exprime sa « vive préoccupation » quant au rythme des progrès du Vietnam, dont les échéances ont expiré en mai 2025. Les échéances du Cameroun, d’Haïti et du Soudan du Sud ont également toutes expiré.

La liste noire reste inchangée : elle comprend toujours l’Iran et la Corée du Nord, qui font l’objet d’un appel à appliquer des contre-mesures, ainsi que le Myanmar, soumis à une vigilance renforcée.

Cette première plénière sous présidence britannique a également été l’occasion d’adopter plusieurs travaux stratégiques. En réponse à la déclaration ministérielle d’avril 2026, le GAFI a décidé d’accélérer la mise en œuvre de ses standards relatifs aux actifs virtuels dans les juridictions où ce secteur est significatif : une nouvelle revue ciblée sera conduite, dont les résultats seront publiés en juin et en octobre 2027.

La plénière a par ailleurs approuvé un rapport consacré aux flux financiers illicites liés aux « scam compounds », ces centres d’escroquerie en ligne opérant à grande échelle, dont la publication est annoncée pour la semaine prochaine.

Le GAFI a également adopté les rapports d’évaluation mutuelle du Mexique et des États-Unis, réalisés dans le cadre du nouveau cycle d’évaluations, qui seront publiés en décembre 2026 à l’issue d’une revue de qualité et de cohérence.

À noter que la Barbade, la Namibie et la Thaïlande ont participé pour la première fois aux travaux sous leur propre drapeau, dans le cadre de l’initiative d’ouverture du GAFI à des pays invités.

Prochaine échéance : la plénière de février 2027.

Le communiqué complet est disponible sur le site du GAFI.

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