Qu'est-ce que la LCB-FT ?

La LCB-FT désigne la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Il s’agit de l’ensemble des mesures prises pour empêcher que l'argent du crime se fonde dans l'économie légale, et que de l'argent, sale ou propre, serve à financer le terrorisme.

En bref

Blanchir, c'est donner une apparence légale à de l'argent obtenu illégalement.

De nombreux secteurs professionnels, des banques aux agents immobiliers, en passant par les assureurs, les casinos ou les notaires, doivent connaître leurs clients et signaler les opérations suspectes. Ces signalements sont adressés à Tracfin, le service de renseignement financier français, qui peut à son tour les communiquer à la justice et aux services de police.

Des autorités contrôlent ces professionnels et peuvent les sanctionner.

Comment blanchit-on de l'argent ?

Blanchir de l'argent, c'est lui faire perdre la trace de son origine criminelle (trafic de drogue, fraude fiscale, escroquerie, corruption, etc.) pour pouvoir le dépenser librement.

On retient généralement trois étapes du blanchiment d’argent :

  • 1. Le placement L'argent liquide entre dans le circuit financier.
  • 2. L'empilement Il circule de compte en compte pour brouiller les pistes.
  • 3. L'intégration Il revient sous une apparence légale : revenus d'entreprise, investissement immobilier, etc.

Un schéma à nuancer

Ce découpage est un modèle académique, aujourd'hui un peu daté. En pratique, les étapes se confondent souvent dans une même opération : un achat immobilier payé en espèces, par exemple, place, dissimule et intègre l'argent d'un seul coup. Le blanchiment passe aussi de plus en plus par des réseaux professionnels, des circuits informels ou les cryptoactifs, sans suivre ce chemin linéaire.

En France, le blanchiment est un délit puni de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende (article 324-1 du Code pénal), et jusqu'à dix ans s'il est commis en bande organisée ou de façon habituelle.

Et le financement du terrorisme ?

Financer le terrorisme, c'est fournir de l'argent ou des biens pour préparer ou commettre des actes terroristes. Contrairement au blanchiment, l'argent peut être d'origine parfaitement légale (salaires, dons, petit commerce) et les montants sont souvent faibles. C'est ce qui le rend difficile à repérer.

Pour aller plus loin : notre dossier sur la lutte contre le financement du terrorisme.

Qui participe à cette lutte ?

  • Les professionnels Banques, assurances, notaires, agents immobiliers, casinos, marchands d'art, prestataires en cryptoactifs… Ils doivent respecter plusieurs obligations, dont celles de connaître leurs clients et surveiller leurs opérations.
  • Les autorités Tracfin reçoit et analyse les signalements. Des superviseurs, comme l'ACPR pour les banques et les assurances, vérifient que les professionnels respectent leurs obligations.
  • La justice et les enquêteurs Police, gendarmerie, douanes et magistrats enquêtent et poursuivent les auteurs.

La liste complète des acteurs et des textes figure dans nos Ressources.

Pourquoi ma banque me pose-t-elle des questions ?

Quand vous ouvrez un compte, déposez une grosse somme ou recevez un virement inhabituel, votre banque peut vous demander une pièce d'identité ou l'origine des fonds : acte de vente, donation, contrat de travail. Elle ne vous soupçonne pas pour autant : la loi l'oblige à connaître ses clients et à comprendre les opérations qui sortent de l'ordinaire.

Si elle n'obtient pas d'explication, elle peut refuser l'opération. Si un doute subsiste, elle doit le signaler à Tracfin par une « déclaration de soupçon ». Cette déclaration est confidentielle : la banque n'a pas le droit d'en informer son client.

278 484 déclarations de soupçon reçues par Tracfin en 2025, soit 32 % de plus qu'en 2024 (notre article).

Questions fréquentes

Pour aller plus loin

Page mise à jour le 17 octobre 2026 — La rédaction LCB-FT.fr