Plénière du GAFI de février 2026 : deux pays ajoutés à la liste grise

La première plénière de l’année 2026 du GAFI – la cinquième sous la présidence mexicaine – vient de s’achever.

Comme toujours, ces réunions sont l’occasion pour le groupe de mettre à jour sa liste grise : aucun pays n’en est retiré, mais le Koweït et la Papouasie-Nouvelle-Guinée y sont ajoutés. Au-delà de cette mise à jour, la plénière, exceptionnellement tenue à Mexico, a également permis plusieurs travaux de fond, en particulier s’agissant de la lutte contre la fraude et de la compréhension des risques liés aux actifs virtuels.

Liste des juridictions sous surveillance renforcée : deux ajouts

À l’issue des évaluations mutuelles adoptées en 2024 (en juin pour le Koweït, en septembre pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée), et après plusieurs échanges avec le Groupe, le Koweït et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont été ajoutés à la liste des juridictions sous surveillance renforcée, plus couramment appelée « liste grise ».

Les évaluateurs du GAFI ont identifié plusieurs défaillances, qui diffèrent selon les pays. Pour le Koweït, le plan d’action porte notamment sur la fiabilité du registre des bénéficiaires effectifs, la sensibilisation du secteur immobilier et des négociants en métaux et pierres précieuses aux déclarations de soupçon, et le renforcement des poursuites en matière de blanchiment liées aux mouvements transfrontaliers d’espèces. Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, il vise en particulier la supervision fondée sur les risques, les enquêtes et poursuites, le gel et la confiscation des avoirs criminels, les sanctions financières liées à la prolifération et la coopération internationale. Ces défaillances au regard des recommandations du GAFI sont sanctionnées par cette mise sous surveillance renforcée. Les deux pays ont toutefois indiqué déployer un plan stratégique national en matière de LCB-FT.

Chose peu commune, aucun pays n’a été retiré de la liste grise à l’issue de cette plénière. La liste noire demeure inchangée : les juridictions soumises à un appel à l’action (Iran, Corée du Nord, Myanmar) restent les mêmes, le GAFI ayant seulement actualisé sa déclaration sur l’Iran.

S’agissant des évaluations mutuelles toujours, cette première plénière de l’année a donné lieu à l’adoption de nouveaux rapports d’évaluation (concernant l’Autriche, l’Italie et Singapour), caractérisés par les changements méthodologiques entrepris récemment par le GAFI – les évaluations se focalisant désormais davantage sur les résultats pratiques plutôt que sur la seule conformité technique.

La plénière a par ailleurs approuvé un ensemble de mesures pour améliorer la participation et la voix des organismes régionaux de type GAFI (FSRB) dans les travaux, afin de mieux coordonner les efforts transfrontaliers et de garantir une meilleure cohésion au sein du réseau mondial – un objectif établi depuis plusieurs mois par le Groupe.

Fraude numérique et actifs virtuels : une priorité toujours donnée aux risques émergents

Cette plénière à Mexico a permis l’adoption d’un rapport consacré à la fraude numérique, dans un contexte d’augmentation significative des escroqueries en ligne. Ce document, qui devrait être publié prochainement, acte par ailleurs la volonté du GAFI de se concentrer sur cette typologie de risque dans les prochaines années.

S’agissant des actifs virtuels enfin, deux nouveaux rapports assez techniques ont été adoptés, à paraître dans les semaines à venir : un premier consacré à la compréhension des risques liés aux prestataires de services sur actifs virtuels (PSAV) offshore, et un second dédié aux stablecoins et portefeuilles non hébergés.

Pour plus de détails, consultez le communiqué de la plénière du GAFI (11-13 février 2026).

Mise à jour du 11 octobre 2026 : le papier du GAFI sur la fraude cyber-facilitée a été publié le 24 février 2026, suivi du rapport ciblé sur les stablecoins et les portefeuilles non hébergés (3 mars) et du rapport sur les prestataires de services sur actifs virtuels offshore (11 mars). Les rapports d’évaluation de l’Autriche, de l’Italie et de Singapour sont également disponibles. Par ailleurs, lors de la plénière de juin 2026, l’Algérie et la Namibie ont été retirées de la liste grise et l’Irak et la Bosnie-Herzégovine y ont été ajoutées, tandis que le Koweït et la Papouasie-Nouvelle-Guinée y figurent toujours. Le GAFI a également publié, quelques jours après la plénière de février, son rapport annuel 2024-2025.

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Le GAFI publie son rapport annuel 2024-2025

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